Néguanthropocène

Une démarche participative pour interroger l’activité humaine et s'émanciper par le collectif.

Erwan Bozec - Philippe Carré - Manuel Herreno - Jean-Paul Thibeau - Camille Guyon Taillens - Olivier Heinry - Néguanthropocène, 2021 - œuvre commune

Erwan Bozec - Philippe Rivière - Luc Léger - Aline Perdereau, Néguentropie, 2020 - oeuvre initiale Copyleft: cette œuvre est libre, vous pouvez la copier, la diffuser et la modifier selon les termes de la Licence Art Libre http://www.artlibre.org

équipe & partenaire

Origine

Néguanthropocène s'inscrit dans une réflexion sur le rapport entre Humain, Société et Environnement, s'appuyant notamment sur les travaux de recherche de Jean-Paul Thibeau sur les "Protocoles-Méta" [1] (expérimentation artistiques et sociales), Bernard Stiegler, Alain Supiot, Henry Maldiney, des Makers, sur la pratique de l'Open-Data et des Licences Libres.

Trop souvent exploité, utilisé dans une recherche de gains, de profits financiers immédiats, l’Humain est réifié : il est devenu un outil, un produit commercial, un objet interchangeable dépouillé de son pouvoir d’agir. L'activité humaine est spécifique à chaque individu puisqu'elle lui est propre (en fonction de son histoire, de son vécu, de ses expériences). L'Humain avant d'agir passe par une phase de réflexion où il s'approprie son environnement pour pouvoir interagir sur celui-ci. Pour stimuler cet agir il est donc nécessaire de favoriser les conditions de participation et d'identifier le partage des savoirs et des expériences par un accompagnement idoine.

Le projet Néguanthropocène vise ainsi à émanciper et interroger l’activité humaine en suscitant le désir d'être agent d'innovation.

Le projet se donne pour objectif d'associer principalement des personnes habituellement en marge des processus de participation sociale, peu visibles de la société (adolescents sortis du système scolaire, personnes en situation de rue, personnes en situation de handicap... ), sur le territoire régional.`

Néguanthropocène c'est quoi ?

Conçue comme un laboratoire de recherche culturelle et de sciences participatives le projet Néguanthropocéne souhaite créer un espace de pratique de savoirs et d'expériences où s'articulent au sein d'un contexte singulier art, sciences et technologies numériques. Afin de construire cette rencontre nous proposons de réaliser avec chaque public un atelier de construction de l'oeuvre Néguentropie qui puisse être au plus prés de la réalité de leur écosystème. La dialectique autour de la fabrication d'un objet "méta" de représentation du monde sera source de multiples indicateurs pouvant favoriser l'émergence d'une économie contributive, porteuse de l'idée d'une ville d'intelligence collective et non uniquement algorithmique.

Le projet prendra forme grâce à la complémentarité des savoirs, des façons de pensées, des différentes activités humaines. Autrement dit, il s'inscrit dans le courant de la recherche participative et plus précisément de la recherche action. Cette forme de recherche implique un changement pour résoudre un problème. Les problèmes posés sont les suivants :

Comment Néguanthropocène va se construire ?

Pour commencer

Le projet Néguanthropocène se construit a partir de l'oeuvre-lieu Néguentropie qui est une maison de mots, un habitat de discours, une "écologie" qui accueille un atelier de paper planet pour s'autoriser à imaginer d'autre monde. Avec ce projet nous poursuivons l'objectif d'élaborer une méthode participative de co-création par les publics ; Ce que nous appelons le "Méta-atelier de capacitation" en relation avec les "protocole-méta", expérimentation de pratiques attentionnelles et d’écologie de la perception (atelier partagé de pratiques, d’outils, d’expériences et de réflexions). C'est au travers d'ateliers que cette méthode sera co-créé.

Atelier de paper planet


A partir de l'œuvre Néguentropie, les publics seront amenés à interagir avec elle de différentes manières :

L'oeuvre Néguentropie comme point de départ

Les acteurs et leurs rôles

3 types d'acteurs vont interagir autour de ce projet : Les publics, les partenaires et les porteurs du projet. Co-construire nécessite la mutualisation des savoirs et des expériences et un enrichissement mutuel entre les acteurs. L'hétérogénéité des acteurs représente un point essentiel de ce projet. Dans le cadre des méthodes participatives (recherche-action), chaque acteur a un rôle différent qui permet d'aboutir à une complémentarité.

Le publics

L'idée de néguanthropocène est de travailler avec des publics dits "exclus, marginaux", c'est à dire qui ne trouvent pas leur place dans le cadre imposé par la société. Les publics, sont les participants. Ce sont eux qui vont construire la méthode de travail en vue de créer une oeuvre artistique. Ils auront également pour rôle de choisir les matériaux pour construire cette oeuvre.

Les partenaires locaux

Les partenaires vont avoir deux rôles principaux : "trouver" les participants et permettre d'accueillir les ateliers.

Les porteurs de projet

La richesse des porteurs de ce projet réside dans la pluridisciplinarité de chacun. Leur rôle est d'observer, de recueillir les témoignages, de collecter des données, de donner des ressources (informations, matériels...) et de retranscrire le travail des publics (méthode de travail, réflexions...).

Objectifs du projet

Quels sont les résultats concrets visés ?

Le projet Néguanthropocéne est un processus de recherche culturelle et de sciences participatives qui vise à répondre à deux objectifs :

Quels sont les impacts attendus pour le territoire / les publics ? Quelle est la portée économique du projet pendant et après sa conception ?

C'est un processus qui peut intéresser des collectivités territoriales , en tant qu'outil pertinent pour répondre aux enjeux de participation sociale. Processus qui a vocation de s'adapter à chaque territoire et à leur contexte environnemental.

Quel apport pour le champ de l’art et/ou de la culture ? La contribution de Jean-Paul Thibeau, initiateur du méta-art inscrit le projet dans une démarche d'expérimentation artistique reposant sur la transversalité et le pas de côté.

Méthode de travail sur la base des recherches-action :

Recherche métadisciplinaire[2] et contributive

1) Enquête de terrain

La mise en œuvre de la méthode commence par un travail d’enquête de terrain qui vise à appréhender ce qui apparaît comme "déjà-là" et qu’il s’agira selon les cas de valoriser. Le but étant de trouver les publics et partenaires (communiquer sur le projet)

Pour réaliser ce projet, différents ateliers vont être proposés aux acteurs pour amener le public à atteindre deux buts : Co-construire une méthode participative et co-construire une oeuvre.

2) Les ateliers :

10 ateliers de 4h avec le groupe de participants:

En parallèle

Construction des données / Création des Openbadges

Les outils

La place de l'architecture et de l'urbanisme

DATA

Un Open Badge comme indicateur en vue d'une économie contributive.

Lors de ce processus nous proposons d'identifier les savoirs ainsi mobilisés et les valoriser via des Open Badges pouvant se regrouper sur WikiBadges.org et s'inscrire ainsi dans la démarche Badgeons le Centre-Val de Loire. Cette démarche constituera une base de connaissance des capacitations[^1] ainsi developpées et permettra aussi de suivre leurs usages.

Architecture, Urbanisme, numérique et environement

Conception d'une maquette BIM de Néguentropie afin de pouvoir alimenter une bibliothéque intéropérable de matériaux qui puisse prendre en compte la complexité des enjeux environnementaux et ainsi s'inscrire dans la démarche d'OSARCH.

Pistes de construction d'objet Méta

Valorisation du projet

Cartographie et datavisualisation

Créer une cartographie des différents objets numériques issus des méta-ateliers[^5] afin d'en assurer la visibilité, la lisibilité et la compréhension afin qu'ils puissent devenir des indicateurs de délibération territoriale et ainsi participer à la vie démocratique d'un territoire.

édition possible via les éditions du commun

Documentation

information / Actualité / veille

Vocabulaire

financement

Partenaires envisagés

Entreprise du batiment (BIM)

Institutionnels

Scolaires

Associatif

Structures Culturelles

Fablab

Enseignement/université

lieux culturel alternatifs

Tiers Lieux

Materiaux

Architecture, Urbanisme, numérique et environement

Conception d'une maquette numérique 3D de Néguentropie afin de pouvoir via la méthode BIM & CIM (Building & City Information Modelling) contribuer à une bibliothéque intéropérable de matériaux qui puisse prendre en compte la complexité des enjeux environementaux et ainsi s'inscrire dans la démarche d'OSARCH.

Le processus produit le building information model, qui englobe la géométrie de la construction, les relations spatiales, les informations géographiques, les quantités, ainsi que les propriétés des éléments et sous-éléments de construction. Ces informations sont classées de manière logique, par exemple, en suivant une arborescence spatiale (site → contexte → bâtiment → étage → espace).

Le BIM ainsi créé lors du processus de projet de construction peut être utilisé jusqu'à sa démolition (aspects structurels, empreinte écologique des matériaux, réutilisation, etc.) puis servir d'archive.

BIM Modeling avec Freecad Real Smart Cities RennesCraft A Toronto, le projet de « Google City » sort du bois La compagnie derrière le développement d’un quartier intelligent à Toronto songe à se retirer du projet sidewalks lab BIMstandards


Travaux de recherche :

« Abîme » dit Cézanne. Paul Klee dit : « Chaos. » L’abîme est l’ouvert du chaos, qui est béance. La première réponse à l’abîme est le vertige. Dans le vertige nous sommes en proie à tout l’espace, lui-même abîmé en lui-même dans une dérobade universelle autour de nous et en nous. Le vertige est une inversion et une contamination du proche et du lointain. Pour l’homme pris de vertige dans une paroi, l’amont, côté protecteur et proche, se redresse jusqu’à devenir surplombant et vibre d’un mouvement d’expulsion sans fin, tandis que l’aval là-bas se creuse encore davantage dans un lointain de plus en plus profond et qui commence sous ses pieds. Le ciel bascule avec la terre dans un tournoiement sans prise. Ni l’homme n’est le centre, ni l’espace le lieu. Il n’y a plus de là. Le vertige est l’automouvement du chaos. Dans une de ses leçons de base au Bauhaus, Paul Klee appelle le chaos un « non-concept ». Il n’est en balance avec rien, il reste éternellement sans poids ni mesure. « Étant néant ou néant étant », ignorant la loi des contradictions, « son symbole graphique est le point qui n’est pas proprement un point : le point mathématique. Son symbole sensible est le gris. » Le chaos est le point gris qui n’est ni blanc ni noir, ni chaud ni froid, ni en haut ni en bas, « point non dimensionnel, perdu entre les dimensions ». Hegel l’appelle la nuit du concept et il ajoute cette chose étrange : que le concept est, dans sa nuit, « le secret créateur de sa naissance » Paul Klee dit de même, dans un autre langage, que le monde naît du point gris par lui-même chaos. « Le moment cosmogénétique est là : la fixation d’un point gris dans le chaos. » Ainsi le même point qui représente le chaos est à l’origine du monde. Où donc est la différence ? Klee la formule ainsi : « Un point dans le chaos : le point gris établi saute par-dessus lui-même dans le champ où il crée l’ordre... De lui rayonne l’ordre, ainsi éveillé, dans toutes les dimensions ». Entre ce faisceau embrouillé de lignes aberrantes où le regard est sans prises, par quoi Paul Klee illustre le chaos, et le rayonnement de l’espace à partir d’une origine instaurée dans un saut, il n’y a rien d’autre que le Rythme. C’est par lui que s’opère le passage du chaos à l’ordre. « Au commencement était le rythme » dit Hans von Bülow. Le Rythme est la seconde réponse à l’abîme.`

Le développement des capacités (ou « capacitation ») se distingue de l’acquisition de compétences.

Méta-Atelier de capacitation

Pour réaliser cette enquête nous proposons de coconstruire avec des publics une version de l'oeuvre Néguentropie comme objet méta qui pourra être laissé dans le lieux. Coconstruction du Méta-Atelier de capacitation Un temps de rencontre de l'équipe métadisciplinaire sera organisé pour coconstruire le méta-atelier de capacitation et son protocol-Méta.


  1. « Protocoles Méta » : « méta » est un préfixe qui exprime ici, la participation, la succession, le changement ; il suggère des déplacements et diverses déclinaisons - méta-sujet, méta-activité, méta-lieu, méta-conférence… Le préfixe méta associé à un autre terme permet ainsi un écart, un décalage avec le sens usuel de ce terme. C’est un opérateur étrange et quelque peu désorientant… Depuis 1994, les protocoles de jeux avec les termes et les formes infiltrés, traversés par l’usage « méta» constituent un agencement d’outils d’expérimentations. Cependant les Protocoles Méta n’ont pas de définition à priori : c’est un dispositif et processus en réglage continue et tâtonnant… La notion de protocole, est prise comme une procédure, une proposition initiale qui doit être adaptée plutôt qu’adoptée (c’est plus une proposition ouverte qu’une consigne ou une règle stricte) et transformée, détournée par l’usage de chacun. Donc les protocoles ici n’ont rien de rigides, ni d’obsessionnels d’autant qu’ils sont qualifiés de méta, ce bel agent de déplacements.") ↩︎

  2. La métadisciplinarité est un nouveau concept de méthodologie, apparu au cours des vingt dernières années dans la communauté scientifique, qui concerne aussi bien les sciences humaines que les sciences expérimentales, Il s'inscrit dans la continuité de la remise en cause depuis le milieu du XXe siècle du classement monolithique des disciplines de la connaissance et du savoir hérité de Descartes, qui estimait que l'on devait séparer les difficultés pour les traiter séparément, utilisé dans la période dite « moderne. » Le concept de métadisciplinarité est un concept scientifique correspondant aux necessités de la période dite « post-moderne » dans laquelle nous serions entrés à la fin du siècle dernier. Dans la batterie de concepts utilisés par la communauté scientifique pour qualifier ses méthodes de travail, la métadisciplinarité — au côté d'autres notions comme la multidisciplinarité, la pluridisciplinarité, l'interdisciplinarité, la polydisciplinarité ou encore la transdisciplinarité — apporte ses nuances dans le vaste mouvement de remise en cause de la compartimentation des savoirs. Elle concourt à la définition d'une nouvelle méthodologie scientifique. ↩︎